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Sensibiliser: un préalable essentiel

 

C’est un devoir civique que de sensibiliser toutes les communautés éducatives à la question des migrants. Avant d’accueillir des mineurs non accompagnés (MNA) dans un établissement scolaire, cela devient un préalable indispensable.

L'Institution Notre-Dame-la-Riche, à Tours, a par exemple fait de cette initiation à la situation des migrants la pierre angulaire de toutes ses actions de solidarité internationale.

Mais bien d’autres outils existent pour aborder la question avec les jeunes : un jeu de rôle, imaginé par les Salésiens, un site d'information sur les migrations ou tout simplement la Bible…

 

Migrations en questions

Qu'est-ce qu'un migrant économique ? Quel est le coût des migrations ? Quel lien entre migration et terrorisme ? Ces sujets divisent et attisent les crispations. Dans ce contexte, le projet « Migrations en questions » livre des éclairages fondés sur des faits et analyses scientifiques. Il répond de manière pédagogique aux citoyens curieux pour rendre plus objectif le débat public souvent caricatural et instrumentalisé.

Pour cela, le site Migrations en Questions  a collecté et répondu aux questions des citoyennes à l'aide d'un collectif d'universitaire, gage d'objectivité et de caution scientifique. Ces réponses sont présentées de manière concise et pédagogique dans des vidéos de 3 minutes.

Par ce programme, le collectif de chercheurs et de personnalités, porté par European Migration Law et Res Publica, avec le soutien de l’Université de Nantes, entend participer à répondre aux interrogations que posent le sujet complexe des migrations. Il s’agit aussi de dépassionner le débat et d’asseoir les bases d'un dialogue plus objectif et plus serein. C'est pourquoi cette initiative s'accompagne de rencontres publiques organisées dans toute la France.

Dans la peau d'un migrant

Comment sensibiliser les élèves à la question des migrations ? Pierre-Jean Allard, frère salésien de Don Bosco, a créé un jeu de rôle avec des étudiants de sa promotion du Master 2 Migrants et droit des étrangers de l’université de Toulon. Très pédagogique, il permet d’imaginer les épreuves qu’ils ont traversées : franchir une frontière, passer la douane, obtenir un titre de séjour, jusqu’à leur intégration dans un pays fictif. « L’enjeu est de donner aux jeunes des éléments concrets de compréhension du phénomène migratoire, de leur expliquer le rôle de tous les acteurs (migrants, passeurs, État...). Mais aussi de proposer un outil de formation pour les enseignants ainsi que d’accompagner, par exemple, un établissement dans la sensibilisation, en amont de l’accueil de jeunes migrants », explique Pierre-Jean Allard.
Expérimenté depuis deux ans dans le réseau salésien (par environ 500 jeunes), ce jeu a été édité en 2018 sous la forme d’un kit. Avant le jeu, un temps de présentation du phénomène migratoire avec des témoignages de jeunes migrants est prévu ; puis, à la fin, une relecture pour mettre des mots sur ce qui a été vécu. Destiné plutôt aux collégiens, ce jeu très ludique (avec passeports, billets de banque pour les migrants ou encore déguisements pour douaniers) a été conçu pour 34 participants maximum avec 6 animateurs.

Le garçon à la valise

Ce conte initiatique pour petits et grands  retrace l’histoire de deux enfants fuyant leur pays. Un mythe moderne raconté sur les planches, comme un film d’aventure, avec humour et suspense.

Les montagnes enneigées, les océans, les loups pour essayer d’arriver à Londres, les deux enfants, grâce aux fables et légendes de leur enfance parviennent à trouver le courage de se sortir de tous ces pièges.

Cette création, fruit d'un partenariat avec ATD Quart monde peut aussi s'accompagner d'ateliers théâtre, les compagnons de la Bertoche animant des cours avec des adolescents.

Contact : Pascal Laillet : laillet.p@gmail.com - 02 72 91 35 29

http://labertoche.fr/

L'Eglise et la journée mondiale du migrant et du réfugié

Accueillir, certes... mais aussi protéger, promouvoir et intégrer: Voici le quadruple défi lancé par le pape François, à l'occasion de la 104e Journée mondiale du migrant et du réfugié du 14 janvier 2018. Pour vivre ce temps fort, le site de la Pastorale des migrants et l'enseignement catholique propose une série de pistes d’animations liturgiques, pastorales et spécifiquement destinées aux jeunes.

Dans la ligne de cette culture de la rencontre insufflée en septembre 2015, lorsque le pape François a invité chaque paroisse à accueillir une famille de réfugiés, le temps fort de la Journée mondiale des migrants et des réfugiés offrent autant d'occasions de remobiliser les énergies.

 

Pistes pastorales proposées par l'Enseignement catholique pour vivre les JMMR avec des élèves, en les amenant à réfléchir sur leurs représentations des migrants.

Télécharger le document de la mission Eude (43p. PDF)

 Kit d'animation conçu par la pastorale des migrants

À télécharger ici

À consulter avec l'ensemble des ressources
À commander ici.

 

D'autres animations à destination des jeunes:

"Accueille ton frère" par la Fédération nationale de l'Action Catholique des Enfants (ACE)
"Mission ambassadeur" par les Scouts et Guides de France (SGDF)

Notre-Dame-la-Riche, à Tours, a fait des migrants la pierre angulaire de l'ensemble de ses actions de solidarité internationale

Tout est parti en 2014 de la réflexion menée par la communauté éducative lors de notre Journée de la fraternité », évoque Benoît Visse, chef d’établissement de Notre-Dame-La-Riche à Tours, pour expliquer la genèse des nombreux projets engagés en faveur des migrants: « Il y a eu une prise de conscience collective que nous appartenions à une seule famille humaine. De plus, les appels répétés du pape François à aller aux périphéries nous ont fortement interpellés, poursuit-il. Cela rejoignait l’essence même de notre projet qui met au centre le Christ et son message d’aider son prochain. »
Un premier acte fort est posé en 2015 avec le voyage d’une quinzaine d’élèves sur l’île de Lampedusa, au large de la Sicile, porte d’entrée des migrants en Europe. « Nous voulions les amener à se faire une idée par eux-mêmes en se confrontant à la réalité et en rencontrant des habitants de l’île », explique Robin Durieux, adjoint de direction en charge de la pastorale et initiateur du projet. Pour ce voyage, les élèves se sont préparés pendant dix mois en travaillant les textes du pape François mais aussi les lois qui régissent le droit d’asile. « Ils sont rentrés bouleversés, avec le désir de témoigner et d’aider », raconte Robin Durieux. Pendant un an, ils ont raconté ce qu’ils ont vécu plus de cent fois dans des établissements de Tours, du Nord et de Bretagne ; ont répondu à de nombreuses interviews et ont été invités à témoigner à la Conférence des évêques de France et devant un groupe de députés au Parlement européen.

Quatre séjours à Grande-Synthe

La dynamique était lancée ! Ces lycéens ont donné envie à d’autres d’agir. Pour répondre à cette nouvelle demande, Robin Durieux initie un projet de bénévolat dans le campement pour migrants de Grande-Synthe, près de Dunkerque, avec l’accord du maire de la commune. Depuis 2016, quatre séjours ont déjà eu lieu. Sur place, les lycéens aident les associations humanitaires en distribuant des repas ou en animant des ateliers pour les enfants. Comme pour le voyage à Lampedusa, l’accent est mis sur la formation en amont. Pour ces séjours d’une semaine, en 1re ou Tle, les élèves se préparent dès la classe de 2de en participant, un mercredi sur deux, à un atelier sur l’engagement humain et solidaire.
Dans cet élan, Benoît Visse crée, en 2017, un Pôle solidarité « pour inscrire ces actions dans un projet global, porteur de sens ». Robin Durieux, qui en a eu l’idée en préparant à l’Ircom d’Angers un master Humanitaire et Action sociale, a structuré ce pôle autour de trois axes. Tout d’abord développer des actions localement en partenariat avec des associations : ainsi, l’an dernier, quatorze lycéens ont réparé des vélos de récupération avec des migrants logés à Saint-Pierre-des-Corps (37), la ville la plus proche, pour les leur donner et ainsi faciliter leurs déplacements. Le deuxième axe consiste à agir au niveau national et européen avec, par exemple, les séjours à Grande-Synthe. Le dernier volet est international : il consiste pour le moment à construire un lycée au Togo !

 

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